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Illusion, utopie et espérance – Jean-Pierre Winter

« Il n’y a pas de science de l’homme, ce qu’il nous faut entendre au même ton qu’il n’y a pas de petites économies. Il n’y a pas de science de l’homme, parce que l’homme de la science n’existe pas, mais seulement son sujet. » Lacan

Déjà Sophocle, écrivant Œdipe, avait construit sa tragédie comme une méditation sur l’épidémie de la peste. Seul le dévoilement de la vérité sur l’assassinat du roi Laïos pourrait sauver la ville de Thèbes. Sophocle conçoit donc qu’une série de mensonges, de crimes et de transgressions, sus ou insus, ont précédé la catastrophe. Sortir de la peste se paye du prix douloureux d’une reconnaissance publique des turpitudes qui l’ont rendue possible. L’enjeu du jour d’après est donc celui de la Vérité. Que son dévoilement aboutisse à ce que Créon succède à Œdipe n’est pas fait pour nous rassurer.

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Haine et Haine + 1 de la langue

De quelque(s) réflexion(s) autour du livre de Hélène L’Heuillet : Tu haïras ton prochain comme toi-même. Ed Albin-Michel. 2017, permises par les psychanalystes du « collectif éphémère » : (Moufid Assabgui – Montpellier, Peter Lemesic – Montpellier, Anne Minthe – Paris, Françoise Petitot – Paris, Jean-Louis Pradeilles – Montpellier, Marie-Laure Roman – Montpellier, Pierre Smet – Bruxelles, Michèle Skierkowski – Montpellier, Serge Vallon – Toulouse et moi-même : Eric Vigouroux – Montpellier), le 31/03/2018, pour une seconde journée de débats publics autour de la question du terrorisme islamiste.

« Dans un monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux »
Guy Debord – La société du spectacle

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Audition devant la commission de la réforme de la famille et de la filiation

Sous la présidence d’Irène Théry
Jean Pierre Winter – Le 18 Novembre 2013 –

Dans la mesure du possible, je laisserai de côté la question de l’homoparenté. Je me suis déjà beaucoup prononcé là-dessus et je n’ai pas envie de me répéter. Cela étant dit, s’il faut malgré tout y revenir, je suis tout à fait disposé à répondre à d’éventuelles questions. De toute façon, bon nombre des points que j’ai prévus d’aborder ici relèvent encore d’une analyse critique des conséquences de la nouvelle loi en matière de filiation.

Sachant que la psychanalyse n’est, selon moi, ni une anthropologie, ni une sociologie, ni une doctrine politique, la première difficulté que je rencontre dans la situation qui est la mienne aujourd’hui, c’est de parvenir à faire entendre et à faire reconnaître, sans savoir ce qui pourra bien advenir de ce que je vais dire, la voix singulière et le point de vue absolument spécifique du psychanalyste.
Le psychanalyste, c’est en effet celui qui, pour parler d’un certain nombre de questions, tente de s’appuyer sur son expérience clinique, un terme probablement discutable qui renvoie toutefois à un fait tout à fait fondamental : le psychanalyste, c’est celui qui se donne du temps et même beaucoup de temps, pour savoir ce que les gens pensent, souhaitent, désirent vraiment et pour élucider les ressorts de leurs aliénations. Beaucoup de temps, cela veut dire qu’avant qu’une opinion n’émerge et ne s’établisse à propos du désir de quelqu’un, à propos surtout de sa genèse, il peut se passer une dizaine d’années, à raison de trois séances hebdomadaires.

Il y a donc d’emblée une distinction à faire entre le savoir du psychanalyste et celui du sociologue. Les résultats, pour ainsi dire, de l’enquête psychanalytique ne sont pas comparables à ceux de l’enquête sociologique où l’on demande aux gens : que pensez-vous de telle ou telle situation ? Comment voyez-vous les choses ?, etc. Non que ce type d’investigation soit sans valeur, elle a son utilité et sa pertinence, mais elle est néanmoins d’un autre ordre parce que la psychanalyse est, pour reprendre le mot de Paul Ricoeur, une discipline du « soupçon »(1).
Autrement dit, les énoncés qu’on y accueille n’y sont pas pris au pied de la lettre, même si c’est aussi avec une grande attention à la lettre qu’on les écoute, sans toujours savoir quoi en faire d’ailleurs dans un premier temps. (suite…)

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