Séminaires de J.P. Winter à Montpellier

Il y a une vingtaine d’années, Jean Pierre Winter a inauguré un séminaire à Montpellier. S’étant attardé sur la vaste question du transfert, plus récemment sans doute en réponse aux critiques voire aux attaques directes contre la psychanalyse, il poursuit en démontrant l’apport subversif de la découverte de l’inconscient. Avec l’ouverture du site du MCF, les membres du COR en accord avec leur président, vont désormais publier un résumé de ses séminaires. Ceci afin de permettre aux personnes ponctuellement absentes de ne pas perdre le fil d’une séance à l’autre. Et à ceux qui n’ont pas l’opportunité d’y assister de prendre connaissance de l’activité d’enseignement de Jean Pierre Winter à Montpellier.

Séminaire du 24 Janvier 2015

Après les évènements qui viennent de bouleverser la France en général et la communauté analytique en particulier avec le meurtre de l’analyste Elsa Cayat, Jean Pierre Winter a donné un tour différent à ce séminaire montpelliérain.

En effet il n’a pas repris tout à fait le fil de ses derniers exposés mais il a mis son interprétation des faits en rapport avec la pensée freudienne, celle de « Malaise dans la civilisation » et du mot d’esprit mais aussi avec ce que dit Freud sur « l’interdit de la représentation ».

De plus son exposé a été suivi par des prises de parole dans la salle.

C’est en raison de la forme exceptionnelle de ce séminaire et de la pertinente et originale interprétation que fait Jean Pierre Winter des évènements que nous le publions cette fois-ci « en audio » dans son intégralité.

 

Séminaire du 13 Décembre 2014

A propos de la différence des sexes, Geneviève Morel disait que c’était une affaire de signifiant. Puisqu’on dit : « c’est un garçon » ou « c’est une fille », le sexe dépendrait alors de ce qui est dit.

Si tel était le cas, Lacan aurait été délirant. Il n’aurait pas pris en compte le réel des corps. A la naissance d’un bébé, on ne dit pas seulement : c’est un garçon ou une fille. On dit aussi : il est vivant ou il est mort.

Cette suprématie de la parole par rapport au registre du réel des corps est une dérive. Pour Lacan ce qui importe c’est le nouage RSI, avec un accent sur le Réel à la fin de son élaboration. (suite…)

Séminaire du 18 Octobre 2014

Suite sur la subversion de la psychanalyse à la jonction de l’individuel et du collectif.

 

Dans « Psychologie collective et analyse du moi », Freud fait remarquer que le collectif commence avec la relation amoureuse : le bébé avec sa mère ou avec son père et une fois adulte, il articule sa relation au collectif dans la relation amoureuse. Dans le groupe amoureux, le lien est une mise sous hypnose. Ce qui ressort du texte de Freud entre l’individuel et le collectif, c’est la question du désir que reprend Lacan dans les formules : « le désir de l’hystérique, c’est le désir de l’Autre » ; « l’inconscient, c’est le social… C’est le politique ».

« Avoir l’humanité comme patient », l’ensemble de l’œuvre freudienne en témoigne : histoire, art, politique, tous les champs sont balayés par Freud.

Les psychanalystes qui disent qu’ils n’ont à s’occuper que de ce qui se passe sur leurs divans se trompent. (suite…)

Séminaire du 29 Mars 2014

Jean Pierre Winter introduit ce séminaire par une longue citation de P.H. Castel (tome II de  «  La fin des coupables » édition Ithaque p. 313) de laquelle il va se démarquer pour démontrer que tout ce discours sur l’autonomie est complètement contraire à l’enseignement de la clinique analytique.

Il se réfère à Lacan dans « L’envers de la psychanalyse » : « J’ai souvent insisté sur ceci que nous sujet supposé savoir ne savons pas grand chose ».

L’analyste dit : « Allez y ! Dites n’importe quoi ! Ce sera merveilleux. »

Et le transfert se fonde sur ceci qu’il y a un type qui à moi pauvre con, me dit de me comporter comme si je savais de quoi il s’agissait.

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Séminaire du 14 Janvier 2014

 Jean Pierre Winter poursuit sur la question de la vérité puis sur le rapport de la vérité au savoir.

La position de la psychanalyse est difficilement cernable. Pour Freud, il faut aimer la vérité et avoir le courage de la dire. Pour Lacan, il faut apprendre à ceux qui viennent nous voir à aimer la vérité.

Mais la vérité est un piège car il ne faut pas croire que pour la psychanalyse ce serait le fin du fin.

Pour Lacan, il y a une place pour la vérité ; le psychanalyste peut dire le vrai. Mais la question est de savoir qu’est-ce qui se passe à la place de la vérité : là où la vérité a sa place, est à sa place, il peut y avoir le mensonge.

Les quatre discours sont différents les uns des autres ; à la place de la vérité, on ne va pas trouver la même chose.

Le but n’est pas de dire la vérité. Comme psychanalyste, nous n’avons pas à juger de la place mensongère de celui qui parle. C’est très important sur le plan clinique. (suite…)

Séminaire du 7 Décembre 2013

Parler, si cela ne s’inscrit pas, cela ne compte pas.
Qu’est-ce qu’un acte juridique ?

Nos sociétés sont de l’écrit. L’écrit fait lien dans la mémoire collective.
Ainsi sans acte de naissance, on n’existe pas. L’acte de mariage est différent du vivre ensemble ; le lien symbolique est mis en cause.

Il est nécessaire, dans une société comme la nôtre que les choses soient écrites. L’acte juridique témoigne de l’alliance des dimensions du symbolique, de l’imaginaire et du réel.
Après cette brève introduction sur l’importance de la trace écrite pour souligner l’écart entre la parole et l’acte, Jean Pierre Winter repend la fin du séminaire précédent : Foucault, Nietzche par rapport aux philosophes grecs sur la question de la vérité.
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Séminaire du 13 Octobre 2013

Reprise et suite de la question : En quoi la psychanalyse reste-elle une discipline subversive ?

Il va s’agir d’articuler cette question d’un point de vue philosophique et psychanalytique(clinique et théorique).

Si l’on compare les différentes formes de psychothérapies par rapport à la psychanalyse, il faut réajuster certains arguments un peu éculés, tels que :

  ♦ « Soigner par la psychothérapie produit des effets immédiats mais conduit au pire. » (Lacan)
  ♦ La peinture (psychothérapie) qui ajoute ; la sculpture (psychanalyse) qui retranche.
  ♦ L’intérêt pour le sujet disparait avec les protocoles psychothérapeutiques…

Dans tous ces débats, on ne parle plus d’une chose fondamentale : la question de la vérité.
Le problème c’est que le statut de la vérité n’est pas le même pour la psychanalyse que pour les neurosciences.
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Séminaire du 23 Mars 2013

Le séminaire débute sur la reprise du dernier avec l’articulation de la question de la perversion à l’incarnation : sous un régime totalitaire (se taire totalement !) qu’il soit nazi ou stalinien, les lois qui instaurent l’interdit de penser s’incarnent dans le corps du dictateur. Pour preuve l’embaumement des corps de dictateurs. On n’embaume jamais les démocrates ! Avec la conservation des corps de dictateurs, alors curieusement on se détourne du père passeur de la loi car, par lui, elle ne fait que transiter.
Il faut se méfier de celui qui se met en position d’incarner les loi et d’une façon générale des gouvernants : « Aime l’ouvrage, hais la fonction dirigeante, ne cherche pas à t’approcher du pouvoir », dit le Talmud. Il s’agit de mettre en garde le sujet de tout ce qui pourrait le détourner de son désir.
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Séminaire du 26 janvier 2013 – Traite de deux questions étroitement imbriquées : vérité et responsabilité.

En première partie, avec cette citation de Lacan : « Voilà la grande erreur de toujours, s’imaginer que les êtres disent toujours ce qu’ils pensent. » l’exposé va porter sur le rapport entre penser et dire.
Partant de ce constat : « on ne dit pas ce qu’on pense, on ne pense pas ce qu’on dit », J.P. Winter va différencier le discours analytique d’autres formes de discours, qu’ils soient sociologique ou politique et va le rapprocher d’un discours philosophique, en particulier de celui de philosophes dits « de la liberté » tels Hanna Arendt (1) et Kant.
Au fond, ce qui est en jeu dans ce rapport du penser au dire, c’est la question de la responsabilité de nos actes liée, dans l’analyse, à la prise en compte de l’inconscient.
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Séminaire du 15 décembre 2012

Le séminaire s’est ouvert sur le rappel de la conclusion du dernier (1), à savoir sur les deux façons de parler de Dieu : Le Dieu de Moïse qui libérant son peuple de l’esclavage témoigne de sa présence et le Dieu du Coran, créateur et recréateur (donc destructeur) qui, lui, est pure spéculation, pure croyance.
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