2014 octobre

GPA Revue parlementaire

Par Jean Pierre WinterTexte paru dans la Revue Parlementaire

La blessure de l’abandon est impossible à cicatriser, tant chez l’enfant que chez la mère. Elle fonctionne comme une amputation bilatérale du Moi. Les adoptions les plus réussies ne parviennent pas à effacer la trace consciente et inconsciente de cet évènement, car cela reviendrait pour le psychisme de l’enfant comme celui de la mère à devoir renoncer à une partie de lui-même. Que penser lorsque cette séparation n’est pas le résultat d’un drame de la vie dont la société tente de limiter les effets dévastateurs par l’adoption, mais qu’elle est programmée ? Sachant cela, il relève de notre responsabilité de ne pas autoriser une pratique dont l’enfant sera la victime et de ne pas voter une loi qui ne lui permettra jamais aucun recours. Une telle loi en tant qu’elle organise socialement et politiquement l’accident est le contraire d’une loi, c’est ce qu’on appelle une loi scélérate ! Certes l’humain n’est pas réductible à ses liens biologiques, et nombreux sont les adoptés qui paraissent aller bien. C’est cependant parfois au prix d’un déni, lequel, s’il leur permet de s’adapter aux exigences de leurs proches ou de la société, ne peut pas empêcher leur inconscient de venir se manifester, en particulier au moment des séparations. Le débat en cours n’oppose pas des médecins progressistes à des médecins réactionnaires. Ceux qui se laissent aller à cette réduction se trompent de scène. L’enjeu, comme traditionnellement en obstétrique, c’est l’intérêt de la mère face à celui de l’enfant, soit ici l’intérêt des divers adultes face à celui d’un bébé à naître.
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