Jean-Pierre Winter nous a quittés le 9 décembre 2025. Au-delà de la tristesse qui est la nôtre et du sentiment de vide que son absence nous laisse, nous souhaitons pour ces journées de mars témoigner du combat qu’il a mené pour la transmission de la psychanalyse tout au long de sa vie. Ses rencontres avec Jacques Lacan, puis avec Françoise Dolto, croisées à sa formation biblique, juive et talmudique, sont à la source de la richesse de sa pensée et de ses prises de position.
Son engagement a pris deux directions :
- Un approfondissement de la théorie psychanalytique dont il proposait les thèmes régulièrement, tant aux journées de mars qu’à celles de septembre, souvent articulés à la fonction paternelle.
- Une ouverture aux médias, publications dans les journaux, radio, télévision, prises de position courageuses, car s’inscrivant à rebours de l’air du temps. Ces deux axes témoignent incontestablement de son désir de transmission.
Cependant comment transmettre la psychanalyse ? Il y a là un paradoxe.
Pour Lacan, elle n’est pas transmissible directement, elle est même intransmissible hors transfert. S’appuyant sur le noyau de réel, Lacan en 1978 dans les conclusions du congrès de Paris sur la transmission de la psychanalyse : « Tel que j’arrive maintenant à le penser la psychanalyse est intransmissible, c’est bien ennuyeux que chaque psychanalyste soit forcé, et il faut bien qu’il y soit forcé, de réinventer la psychanalyse ! »
Et pourtant au-delà de ses séminaires, de ses livres, « un quelque chose » nous était transmis par Jean-Pierre Winter, peut-être quelque éclat du désir d’analyste qui était le sien, au travers du transfert de travail que ces rencontres suscitaient.
Quelque chose de sa pratique, de son écoute, de son éthique d’analyste nous a traversés.
